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Villa Bagatelle

La Villa Bagatelle se trouve sur l’ancien domaine du Bois-de-Coulonge, qui autrefois faisait partie de la vaste châtellenie de Coulonge. Celle-ci est constituée entre 1649 et 1653 par Louis d’Ailleboust de Coulonge et d’Argentenay, gouverneur de la Nouvelle-France de 1648 à 1651.

En 1780, la terre située entre les ruisseaux Belleborne et Saint-Denys, au sud du chemin
Saint-Louis, est cédée au général Henry Watson Powell, qui commande la garnison britannique à Québec. Il y fait construire une imposante résidence d’été dans une clairière de la forêt de Sillery. En 1811, Michael Henry Perceval acquiert le domaine et lui donne le nom de Spencer Wood afin d’honorer la mémoire de son oncle, Spencer Perceval.

De passage en Angleterre en 1835, le marchand de bois Henry Atkinson achète Spencer Wood des héritiers Perceval. Pendant son voyage en Europe, il rend visite à un ami, lord Henry Seymour, marquis de Hertford, alors propriétaire du domaine de Bagatelle, en banlieue de Paris. Charmé par la beauté du jardin anglo-chinois aménagé en 1784 par le jardinier écossais Thomas Blaikie, Atkinson souhaite faire de son nouveau domaine un lieu de détente et de plaisance inspiré de Bagatelle.

Henry Atkinson entreprend la construction de Spencer Cottage (ou Bagatelle) en 1848. Le 25 septembre 1849, La Gazette de Québec rapporte qu’on termine l’édification d’un « cottage gothique » de huit pièces, avec écurie et jardin. Bagatelle est mise en location peu de temps après.

Pour en savoir plus

Du point de vue formel, Bagatelle se rattache au cottage néogothique introduit en Angleterre à la fin du 18e siècle. Ce courant architectural, né de la nostalgie d’une époque révolue, emprunte au passé en l’idéalisant. Le cottage est construit selon un plan irrégulier d’une grande originalité. Les ailes forment deux équerres aboutées, sans corridor. Une tour dominant le jardin abrite la cage d’escalier, qui donne accès aux combles peu spacieux. Un chemin privé au tracé sinueux conduit à la villa.

Le cottage néogothique s’impose comme modèle au citadin en quête de dépaysement dans un environnement naturel, en tant que version améliorée de la maison de campagne. Plusieurs composantes architecturales et ornementales témoignent de ce choix à Bagatelle. Chacune des façades s’articule de façon différente. Les pièces de séjour sont tournées vers l’ouest pour profiter de l’ensoleillement. La galerie couverte sur trois côtés et les logettes agrémentant les pièces principales du rez-de-chaussée participent de cette volonté d’ouvrir la maison sur la nature environnante. Le porche est éclairé par des petites fenêtres en ogive, de part et d’autre de la porte d’entrée. Les pignons comportent des rives festonnées de délicats trèfles en bois découpé. Enfin, des épis de faîtage en bois tourné couronnent les pignons.

En 1972, la villa est laissée à l’abandon. Au début des années 1980, l’édifice est pillé et vandalisé. En 1983, la Ville de Sillery se porte acquéreur de la maison pour en faire un centre d’exposition polyvalent. Après restauration, l’édifice ouvre ses portes au public en juin 1985. Sa gestion est actuellement assurée par l’Arrondissement de Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge.