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Moulin des Jésuites

Moulin des Jésuites  - Patrimoine et héritage

En 1626, les Jésuites, arrivés depuis peu en Nouvelle-France, obtiennent de Henri de Lévy, duc de Vantadour, la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, une des premières de la colonie. Elle est implantée sur la rive nord de la rivière Saint-Charles, qu’elle longe sur une lieue (3,1 km), et s’étend sur quatre lieues (12,4 km) vers le nord. L’occupation débute sur les terres qui bordent la rivière, dans l’actuel quartier du Vieux-Limoilou. Puis en 1665, les Jésuites donnent suite à la volonté du roi de France, Louis XIV, en planifiant un nouvel établissement à l’intérieur des terres, éloigné du fleuve Saint-Laurent. Puisque le roi exige que la population soit regroupée en bourg, selon le modèle européen, les Jésuites cherchent une solution qui permettrait aux nouveaux colons de rester sur leurs terres tout en regroupant les habitations pour leur protection : c’est le concept du « trait-quarré ». Ce modèle prévoit une réserve commune au centre d’un grand carré, à partir duquel les concessions individuelles s’étendent vers l’extérieur, créant un plan d’occupation en forme d’étoile.

Le nouveau « bourg » est établi au nord des premières concessions de la seigneurie. Il forme aujourd’hui le cœur du Vieux-Charlesbourg, appelé le Trait-Carré. Un moulin à vent est érigé sur ce territoire en 1697 afin de subvenir aux besoins des fermiers. En 1742, pour desservir un nombre croissant de colons, un plus grand moulin, à eau cette fois, est construit sur une parcelle d’un arpent (60 x 60 m) appartenant à la famille Lefebvre. Le moulin est alimenté par le ruisseau de la Cabane aux Taupiers, aujourd’hui enfoui sous terre. Le débit imprévisible du ruisseau faisait en sorte que le moulin était utilisable de façon saisonnière seulement.

Pour en savoir plus

Le bâtiment, imposant pour l’époque, est construit en pierre sur deux étages et mesure environ 10 m x 18 m (30 x 55 pieds français). Il abrite la chambre de la roue, le moulin proprement dit et le logis du meunier et de sa famille. Deux mécanismes hydrauliques vont s’y succéder : avant 1780, le moulin est muni d’une roue à aubes, dite « à la française »; après 1780, on utilise une roue à godets, dite « écossaise ». Malgré cela, le moulin ne produit de la farine que pendant une partie de l’année. Remodelé au cours des 19e et 20e siècles, il sert tour à tour de manufacture d’allumettes, de boutique de forge, d’atelier de charron, de boutique d’instruments aratoires et de fabrique de fer ornemental. Parmi les modifications les plus importantes, on compte l’ajout d’un troisième étage et d’un toit plat. En 1940, 200 ans après la construction du moulin, la production de farine cesse définitivement.

En 1982, le bâtiment est pris en charge par la Ville de Charlesbourg. Près de dix ans plus tard, un ambitieux programme de restauration va lui restituer son caractère original. Ainsi, on démolit l’étage ajouté et lui redonne son imposant toit à deux versants à forte inclinaison, couvert de bardeau. Du style français initial, on retient également les ouvertures à distribution irrégulière et de dimensions variées, le rez-de-chaussée au niveau du sol, les murs de grosses pierres (environ 0,90 m d’épaisseur) crépis. Impressionnant et révélateur aussi : la largeur de certaines poutres originales supportant le plancher de l’étage, coupées et équarries à la hache.

La restauration des deux étages, le réaménagement des combles, l’installation d’une roue à eau, beaucoup moins large afin de réserver de l’espace pour un escalier, ainsi qu’un aménagement soigneux des salles et des différents espaces ont complété la reconversion du Moulin des Jésuites. Depuis sa réouverture au grand public en 1992, il accueille le Centre d’interprétation de l’histoire du Trait-Carré et du Moulin, et représente l’un des plus beaux attraits du Vieux-Charlesbourg. La programmation très diversifiée, l’animation par des guides en costumes d’époque et l’engagement assidu des responsables dans les activités de l’arrondissement le placent au cœur d’un véritable carrefour culturel.