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Maison Éphraïm-Bédard

Maison Éphraïm-Bédard - Patrimoine et héritage

Le Trait-Carré de Charlesbourg, bijou du patrimoine québécois, a été classé arrondissement historique en 1965 afin de le protéger de l’urbanisation. Il a pris naissance il y a presque 350 ans sur les terres septentrionales de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée aux Jésuites en 1626. S’inspirant d’une planification territoriale ingénieuse dont les origines remontent à l’Antiquité romaine, les Jésuites mettent au point un système de concession de terres sous forme d’étoile. Les habitations sont ainsi regroupées autour d’une commune entourée d’un chemin appelé « trait-quarré ». Ce terrain commun, partagé pour tous les concessionnaires, inclut une réserve pour l’établissement de l’église, du presbytère et du cimetière de la future paroisse. Malgré le passage des siècles, le lotissement initial est toujours visible dans la trame urbaine du Vieux-Charlesbourg.

Située à deux pas du Trait-Carré, du côté sud-est, la Maison Éphraïm-Bédard vous invite à reprendre contact avec ce passé. Construite aux environs de 1830, mais peut-être plus ancienne encore, la maison prend place sur le lot concédé par les Jésuites à Philibert Chauvin en 1665 et vendu à Olivier Roy peu de temps après. 

Pour en savoir plus

Déjà en 1685, il existe une maison sur cette terre, selon une carte dressée par Villeneuve cette année-là. Plusieurs générations de Roy se succèdent sur la concession, puis les noms Lefebvre et Bédard apparaissent aussi dans la chaîne des titres au tournant du 19e siècle. Par la suite, et jusque dans la première moitié du 20e siècle, le lot demeure entre les mains de la famille Paradis, qui aurait fait construire la maison actuelle vers 1830. Cependant, certains éléments de son architecture pourraient indiquer une construction remontant au 18e siècle. Éphraïm Bédard achète la maison en 1945 et la famille l’occupe jusqu’en 1984, année où la Ville de Charlesbourg en fait l’acquisition. Entièrement restaurée, elle est ouverte au public en 1988.

D’un point de vue architectural, la Maison Éphraïm-Bédard est de style français. Elle repose sur des fondations en pierre et ses murs sont en bois, constitués de pièce sur pièce. Certaines parties des murs présentent un agencement vertical plutôt qu’horizontal et leur épaisseur varie de 25 à 40 cm.

Dans l’ensemble, la maison mesure 33 pi x 26 pi (11 m x 9 m). Les murs extérieurs sont revêtus de lattes verticales qui, jusqu’au moment de la restauration, étaient cachées sous des bardeaux d’asphalte imitant la brique. Le toit d’origine à deux versants se terminant au mur a été restitué et les ajouts plus modernes, comme les larmiers débordants et les lucarnes en croupe, ont été éliminés. Le curetage de la maison a révélé la présence de plusieurs fenêtres bouchées, que l’on a réintégrées à la structure. On a aussi découvert l’existence d’une cuisine d’été à l’emplacement d’une remise plus récente, adossée au mur pignon est. Elle a été reconstruite selon les traces laissées sur le mur et les empreintes au sol, mises au jour à la suite de fouilles archéologiques. À l’intérieur, des modifications ont été nécessaires pour adapter les cloisons, l’escalier et les installations sanitaires. Le crépi des murs, le plancher en pin de l’étage ainsi que le plafond original ont été restaurés.

Depuis 1988, la maison héberge les salles d’exposition et de consultation de la Société d’histoire de Charlesbourg. Elle vous convie à ses activités diverses : expositions thématiques, conférences mensuelles, concerts au jardin, sorties culturelles. De plus, elle met ses archives à la disposition des personnes qui veulent faire des recherches sur l’histoire de Charlesbourg ou sur leurs ancêtres charlesbourgeois.